lundi 28 avril 2014

Cacolac



Tonton Lulu est trilingue. Non pas que ce soit foncièrement important, mais il vaut mieux le savoir lorsqu’on commence à boire avec lui. Dans la bouche du commun des mortels, s’enflammer dans une langue étrangère sonne faux. Si vous avez déjà entendu une minette fan de Pete Doherty/Amy Winehouse/Rihanna s’exclamer « What the fuck » avec un accent que renierait un canard addict au kérosène, vous savez de quoi je parle. Quand Tonton Lulu s’égosille « For fuck’s sake ! », en fermant les yeux tu te croirais dans les tribunes d’Anfield durant les arrêts de jeux d’un Liverpool – Manchester United. De même, ses « chinga tu madre, cabrón » fleurent bon la tequila frelatée.

Quand je lui ai dit que Laurent Garnier sortait 5 maxis  sur différent labels en ce début d’année, il fut assez surpris. « Il existe encore ? J’ai rien entendu de lui depuis des années. Et ses derniers morceaux, c’étaient pas de l’électro-jazz de branleur ? ». Pas sa tasse donc, le Laurent Garnier post 2010. Pourtant, il ne peut réfréner un sonore « Come on ! » dès l’intro de Bang (the underground doesn’t stop), suivi d’un approbateur «Back to the roots !». C’est vrai que mister Garnier a opéré un véritable retour à ses sources house de Détroit avec ce maxi sur le label chicagoan Still Music. 
Mieux, la face B tordue Boom (Chakolak) enflamme littéralement un Tonton Lulu maintenant debout.


« Cacolac ? Comme la boisson ? ». Avouant mon inculture, il hurle « On a du Cacolac ? » à ma pauvre tante, couvrant les basses vertigineuses de son soundsystem. Pas de cacolac en stock, mais un petit cognac fera l’affaire.

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